5 chansons des Beatles pour briller en société (et avec les retraités sur Facebook)

Les Beatles sont objectivement le pire groupe de Heavy Metal jamais sorti de la Californie. Ils n’ont jamais sorti d’album avec Post Malone, et n’ont jamais réalisé aucun feat avec Jul, le sang. Pour preuve de leur nullité, ce tableau comparatif:

Bruce Willis

The Return of Bruno

-N’a pas de cheveux, comme un vrai mec

-Signe ses albums sous un pseudonyme classe, aka « Bruno »

-A déjà coucher avec Julia Roberts

– Esquive les balles dans Die Hard

The Beatles

-Ont des cheveux, comme des enfants

-Signent leurs albums avec un jeu de mots nul

-Ne couchent qu’avec des mortelles

-N’ont pas été foutu d’esquiver 5 balles tirées à bout portant dans la vraie vie

Pour une raison obscure, les Beatles fascinent encore aujourd’hui des nostalgiques prostrés de la musique fade des années 60, mais adepte du second degré. Pour pouvoir dialoguer avec ces drôles de créature, voici une petite liste de 5 chansons connues, mais pas trop, de ces escrocs de Fab Four.

5.Helter Skelter (« White Album »,1968)

Après avoir entendu la chanson I Can See For Miles des Who, le chanteur/bassiste du groupe Paul McCartney est déçu… il s’attendait à un truc un peu plus agressif au vue de ce que sous-entendais la promo du single. Tant pis pour les Who, Paul va leur montrer ce que c’est de faire n’importe quoi sur un album.

La recette est la suivante:

  • John Lennon, habituel guitariste rythmique, va à la basse six cordes. Pourquoi six cordes? Pourquoi pas. Et tiens, il va mettre un solo de saxophone aussi. Au feeling.
  • Paul McCartney vient pour se déchirer la voix. Pour le délire, il se pose un cendrier en feu sur sa tête pendant la session d’enregistrement. Pourquoi pas. Les paroles n’ont aucun sens? Pas un problème.
  • Le batteur Ringo Starr et le guitariste George Harrison reçoivent la consigne de taper fort sur leur instrument. Très fort, à s’en saigner les doigts. « J’ai des ampoules aux doigts! » crie désespéré Starr à la fin des vingt-et-une prises. On garde la phrase du batteur dans le mix final, on fait ce qu’on veut après tout.

Le résultat est aussi original que marquant. Plus de 50 ans après la sortie du titre, il étonne toujours par une brutalité sèche qui ne dénature pas la nature mélodique du son des Beatles. La chanson a particulièrement plu au gourou Charles Manson qui voit dans le titre des appels au meurtre et au viol. Ses disciples semblent avoir chanter Helter Skelter et Piggies du même album en commettant leurs assassinats.

Avant d’écouter cette chanson, évitez de fonder une secte ultra-violente.

4.Girl (Rubber Soul,1965)

A l’exact opposé du proto hard rock d’Helter Skelter, l’album Rubber Soul représente tout l’amour des Beatles pour la musique acoustique, de la guitare folk au piano droit, de la sitar à l’harmonica. Parmi les exceptionnelles Nowhere Man, Michelle ou Norwegian Wood, il se cache une chanson au texte énigmatique et sensuel, loin de la ballade amoureuse, et à l’interprétation surprenante. Spoiler: Lennon et McCartney y chantent « nichon » (« tit ») en coeur, ces coquins.

Girl est-elle une musique sur une rupture? Sur la dépendance amoureuse? Ou comme Lennon le sous-entendait, un texte sur une sexualité non-chrétienne (« la souffrance conduirait au désir ») ?

Dur de donner une réponse. Mais entre deux solos de bouzouki, la communauté scientifique a statué: il est physiquement impossible de ne pas ressentir de frissons à l’écoute de Girl, attrapé par les respirations ASMR de John Lennon dans son micro.

3.Free As A Bird (Anthology 1, 1995)

25 ans après la séparation officielle du groupe en 1970, 15 ans après l’assassinat de son leader John Lennon, les trois Beatles restant se réunissent pour compiler leurs travaux dans la série de trois albums Anthology. Entre deux tasses de thés et d’improvisation au ukulélé, ils décident de reprendre deux chansons démos de Lennon jamais sorti de son studio maison.

Free As A Bird et Real Love sont les résultats de cette collaboration au delà des frontières de la mort. L’un comme l’autre sont des concentrés de mélancolie en intraveineuse, faisant passé une soirée pluvieuse de novembre pour un trip sous LSD.

Commençant par un solo de guitare lancinant, la chanson multiplie les vers nostalgiques déclamés par George, Paul et John. Si on y accroche, ce dernier baroud d’honneur des Beatles devient le son auquel on revient régulièrement: il nous apporte cette gentille tristesse, pas dénuée d’espoir, dont nous avons tous besoin de temps en temps.

Selon toute vraisemblance, cette chanson est née du lobbying des chocolats chauds, des poêles à bois et des plaids doux.

2. Baby You’re A Rich Man (Magical Mystery Tour, 1967)

Que l’on se drogue à la musique, au travail, à l’amour ou plus logiquement à l’héroïne, il y a toujours une musique pour accompagner nos trips dans l’espace temps. Pour découper le brouillard épais des fins de soirées arrosées, la phase rock psychédélique des Beatles est parfaitement propice.

Baby You’re A Rich Man s’inscrit dans la lignée des biens plus célèbres Strawberry Field Forever et Lucy in the Sky with Diamonds. Mais cette chanson a dans sa botte un instrument français (cocorico!) qui fait toute la différence dans le retournement de cerveau: le clavioline, synthétiseur à moitié saoul des années 50 produisant un son proche du shenai indien.

L’alchimie alcoolisée de ce titre repose sur une recette maintes fois applaudie: structure répétitive, basse totalement folle, refrain digne d’un choeur de matelots. Le genre de son qui donne soif!

Double effet kisscool: d’après les rapports des ingénieurs du son, Mick Jagger chanterait également sur le refrain.

1. She Said She Said (Revolver, 1965)

Parfois, on a envie d’être adulte, de payer ses impôts en chemise blanche, avec de grosses cernes et des emprunts sur 30 ans. Et puis, dans d’autres circonstances, on se surprend à vouloir agir comme un adolescent légèrement emo en désaccord avec le monde matériel.

C’est dans ce second mood que She Said She Said prend toute sa saveur. La chanson a été imaginée lors d’une prise de LSD collective, et John Lennon y cite directement le bad trip de Peter Fonda, le futur héros d’Easy Rider.

Vous recherchiez des phrases mystiques à mettre dans votre bio insta ou tinder? Les Beatles vous en fournissent quelques unes de qualité: « She said : I know what it’s like to be dead (…) and she’s making me feel like I’ve never been born ».

Enfilez votre plus beau sweat à capuche noir, marchez la tête baissée et laissez vous emportez par cette ligne de batterie tournoyante et cette voix détendue. Imaginez que vous avez de nouveau 13 ans, personne ne vous comprend et surtout pas madame Pichard votre prof’ de maths de la cinquième B.

Maintenant que vous en savez plus sur les Fab4, vous avez davantage d’arguments pour faire fermer la bouche à votre oncle boomer fan des Beatles, ce groupe sur-coté qui aurait tout plagié sur Smash Mouth.

Bonus track

Tu passes une mauvaise journée? Tu as besoin d’une sucrerie auditive pour pallier ta perte de tension? Voici.

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