Critique : The Weeknd – After Hours

Il est temps pour moi de faire une critique du nouvel album de The Weeknd, After Hours. C’est un nouvel LP du compositeur-interprète mais aussi producteur, puisqu’il a en effet produit certains sons sur l’album, Abel Tesfayer A.K.A The Weeknd.

Pour la dernière décennie, Abel n’a pas juste été l’une des voix clés du Rn’B canadien et américain, il a été la voix la plus importante à sortir de la période Rn’B actuel, parmi des noms comme Partynextdoor, Frank Ocean ou encore Khalid, rien que ça ! Cependant je ne dirais pas qu’il a été la première voix à se lancer dans ce que beaucoup ont surnommé l’alternative Rn’B, néanmoins il a intégré la musique dite mainstream d’une manière assez étonnante avec sa marque de fabrique qui est un savoureux mélange de thèmes dépressifs et amoureux, où la drogue et les excès sont chantés à l’appui d’une voix aussi pure qu’unique.

Abel a parcouru la musique d’une trilogie de mixtapes tragique et acclamée par la critique, Trilogy, à une série d’albums à succès qui jusqu’à présent contenaient au moins une grande poignée de sons ingénieux et mémorables. Pour autant, si je ne suis pas un énorme fan de ses deux derniers albums, à savoir Beauty Behind the Madness et Starboy, je ne peux que reconnaitre que ces deux projets contiennent certaines des meilleurs chansons Pop-Rn’B de la décennie 2010.

Néanmoins il semblerait qu’Abel ne se contente plus d’opérer sur le même niveau, il sort ici de sa zone de confort pour se réinventer.

Aujourd’hui The Weeknd sait qu’il n’a plus rien à prouver concernant sa carrière, déjà internationale et parcourue de récompenses. Dans cette optique, il a voulu utiliser cette notoriété pour donner au monde du grand art, sortant des habitudes commerciales maussades de la plupart des artistes connus. Cet album est selon moi son album de la maturité, désormais il expose dans After Hours (dont le nom rappelle le film de Scorsese ) une œuvre raffinée et qui nécessite davantage de réflexion.

C’est intemporel, voir éternel.

Je sais qu’il est fasciné par l’artiste Michaël Jackson mais, sur After Hours la portée s’étend du King of Pop à toute la pop de la fin des années 80. Chaque aspect de l’album le prouve, de la caisse claire aux échos omniprésents, des synthés enchanteurs aux mélodies enjouées et mélancoliques, tout me renvoie à cette époque. Pourtant je suis devant un album qui à coup sûr, traversera encore les époques dans les décennies futures. L’utilisation permanente et même majoritaire de claviers et synthés démontrent toute l’influence que des artiste comme Kavinsky, Daft Punk ou encore Depeche Mode ont eu pour produire cet album. Ce qui fait surtout la valeur de cet album, c’est ce mélange des atmosphères, parfois plutôt pop, parfois plutôt Rn’B, parfois rien de tout ça et juste du The Weeknd.

Bien que The Weeknd ait déjà fait de bons, voire d’excellents albums pour certains, ce qui distingue After Hours, en particulier par rapport à son prédécesseur, est la façon dont l’album est une convergence d’idées s’étendant à travers l’écriture, la musicalité et la production. Cet album est un monde terriblement cohérent de rythmes synth-pop et de confessions amoureuses. Il y a de nombreux moment où l’émotionnel envahit l’auditeur. Il est parfois difficile de retenir une larme, un frisson, un rictus de contentement. Le lâcher prise est total.

Selon moi, Il l’a fait.

The Weeknd a atteint un point dans sa carrière où il lui sera compliqué de faire mieux.
Sur After Hours, il accomplit cette tâche extrêmement difficile, toucher les sommets.
En faisant confiance à cet organe sensationnel, sa voix, aussi forte qu’elle n’a jamais été, et en invitant aucun artistes (excepté peut être Kevin Parker de Tame impala), The Weeknd nous montre à quel point il est capable de lui-même.

Sa musique a toujours été sur les contrastes, et ici la beauté et la folie sont plus harmonieusement intégrées que jamais. After Hours est l’un des albums les plus performants, prenants et émouvants de la dernière décennie, aisément. The Weeknd a redéfini le terme introspection avec le magnétisme des plus grands artistes.

After Hours, c’est l’invitation à un voyage, exactement ce qu’il nous fallait en cette période de confinement, et un voyage qui j’espère saura toucher le plus de monde possible.

8,5/10

Note : 8.5 sur 10.

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